Bilan de deux mois de bénévolat au Viêt Nam : ENFIN !

Bonjour à tous ! ~ Je suis très heureuse de vous retrouver avec ce tout nouvel article. Comme je vous en parlais un peu dans mon précédent post j’ai eu un petit coup de mou des familles où je n’arrivais plus à trouver de plaisir dans le blogging. Un blues de fin de voyage, un retour à la réalité : allez, allez, le métro, le boulot, le dodo et tout ce qui va avec. Et les gens qui ont continué à vivre leur vie, tout simplement, tandis que nous, voyageurs, on en revient changé.

Je vous raconte dans cet article – très long, certes, alors accrochez-vous ! – mon bilan de ces deux mois de bénévolat au Viêt Nam. Je le souhaite un peu bric à brac, des anecdotes, des réflexions sur la vie là-bas, sur ces enfants, la société Vietnamienne et tout ce qui l’accompagne. Alors il ne me reste plus qu’à vous souhaiter une bonne lecture ~

Bénévolat Vietnam

Partir là-bas

Je suis partie au Viêt Nam le 1er Décembre 2016. J’ai quitté le froid Parisien pour rejoindre la chaleur du climat tropical de Saigon avec une grande hâte.

Premières impressions. La ville est très grande. Elle est divisée en plusieurs districts, le District 1 étant le cœur de la ville avec tous les beaux bâtiments coloniaux, les grands centres commerciaux, les musées… C’est un district plutôt riche et passer de ce coin-ci au district 12 où se trouve l’orphelinat c’est un peu comme on passe du coq à l’âne. Dans le District 12 tout apparaît beaucoup plus pauvre. Beaucoup de street food, de petits commerces tenus par des familles, pas de jolis coffee shop aux décorations cosy mais beaucoup de chiens attachés à des poteaux sous une chaleur écrasante, la saleté qui jonche les rues… Oui, vraiment, le district 1 et 12 n’ont rien à voir.

L’orphelinat se nomme ‘Son Ky Star Children‘. Si vous souhaitez plus de renseignements concernant celui-ci vous pouvez taper le nom sur Google et des informations devraient en ressortir. Si vous êtes intéressés pour prendre contact avec le fondateur de cet orphelinat n’hésitez pas à m’en faire part par commentaire et je pourrai vous mettre en contact.

Il s’agit d’un orphelinat que l’on qualifierait de privé. Il n’appartient pas à l’état et les enfants, d’après les maigres renseignements que j’ai pu obtenir, ne sont pas vraiment adoptables. Cela se comprend : sur les 55 enfants présents dans cet établissement environ une quarantaine ont en réalité de la famille : pères, mères, oncles et tantes. Seulement ces derniers, beaucoup trop pauvres pour les élever, n’ont eu d’autres choix que de les confier à des Sœurs catholiques qui les ont ensuite envoyés là-bas.

Vietnam Enfants Bénévolat

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Pourquoi payer pour faire du bénévolat ?

Qu’on se le dise, faire ce bout de chemin m’aura coûté beaucoup d’argent. J’ai travaillé quasiment deux mois cet été, j’ai économisé sur l’argent que je perçois de ma bourse du CROUS et là-bas, bien que le coût de la vie soit peu cher, j’ai tout de même dépensé pas mal. Le billet d’avion avoisine les 600€ et je n’étais pas logée gratuitement. J’ai dormi dans divers hôtels car j’ai reçu la visite de ma famille ; mon copain en décembre, ma mère et une amie en janvier. Lorsque j’étais seule je dormais dans un hôtel mitoyen à deux pas de l’orphelinat. Le prix de la nuit avoisine environ les 8-9€.

Lorsque j’ai raconté cela à quelques amies les premières réactions ont été les suivantes : « Mais comment ça, tu payes pour faire du bénévolat ? » Eh bien oui, je paye pour cela. Je paye mon transport, je paye mon hébergement. Je paye ma nourriture parfois lorsque je ne veux pas manger avec eux et je paye également mes transports. Cela paraît étonnant pour certains mais cela est tout à fait normal pour moi. Je ne suis pas dérangée par le fait d’avoir à payer autant : je l’accepte, je le comprends. Avec les plus de 1500€ que j’avais en poche lorsque je suis partie j’aurais pu faire la fête comme beaucoup de jeunes de mon âge, j’aurais pu faire du shopping, m’acheter le nouvel appareil photo dont je rêve tant. Mais non, car mon plaisir à moi c’est de voyager, c’est d’avoir pu vivre une expérience comme celle-ci.

Les enfants, premiers contacts

Le contact avec les enfants s’est plutôt bien passé. Les âges varient : certains sont âgés de 4 ans – peut-être trois ans ou trois ans et demi pour les plus jeunes – tandis que les plus âgés ont dix sept ans. J’ai une facilité certaine pour me diriger vers les enfants plus jeunes. Ils ont une innocence qui fait qu’il est facile de communiquer avec eux, que l’on soit un étranger venu de France ou non. Je n’ai pas été très proche des enfants qui avaient entre 7 et 12 ans. Je pense que c’est parce qu’à cet âge-là on grandit bien plus et l’on se pose beaucoup plus de questions. On est plus méfiant, on accorde moins facilement sa confiance.

Avec les plus âgés, c’est à dire au-delà de 12 ans, je pouvais communiquer brièvement avec eux en anglais. Je me suis énormément attachée à l’un de ces enfants, Luan, qui bien que n’ayant 13 ans semble bien plus mâture qu’un enfant français de son âge.

Les enfants ont toujours été serviables, polis et n’ont jamais été irrespectueux. Par exemple je prenais presque tous mes repas avec eux : j’avais ma petite table à moi, avec toujours les mêmes enfants. Ils me servaient la nourriture comme si j’étais une invitée, me donnaient à manger dans un bol en porcelaine tandis qu’eux mangeaient dans un bol d’aluminium. J’avais MA place, un petit « enjoy your meal » timide et beaucoup de sourires. Au début ce traitement m’a fait me sentir différente, j’avais l’impression d’être une étrangère pour eux, de ne pas être acceptée. Pourtant j’ai fini par comprendre qu’il s’agissait plus là d’une marque de respect plutôt qu’un souhait de me mettre à part.

Il y a clairement eu une grosse évolution dans les relations que j’avais avec ces enfants entre le début de mon séjour et la fin. Durant la dernière partie de mon séjour nous pouvions rire ensemble, échanger des blagues et faire quelques bêtises malgré la barrière de la langue. C’était un véritable bonheur de savoir que j’étais quelqu’un qui compte pour eux.

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Quand un enfant perd son innocence

Il y a quelque chose qui m’a réellement attristée. Je m’en suis rendue compte assez tardivement cependant.

Tous ces enfants sont extrêmement débrouillards. A 3 ans ils s’habillent seuls, prennent leur douche seuls, mangent seuls, dévalent les escaliers à toute vitesse, rangent les chaussures, font la vaisselle, nettoient le sol et tout le reste de la maison. Ceci les fait grandir à une vitesse incroyable. Je m’étonnais de leur débrouillardise, j’étais ébahie par un tel savoir-faire de la part d’enfants si jeunes, quand dans nos pays Européens les enfants sont chouchoutés jusque très tard.

 Ce sentiment d’admiration a cependant disparu au fil du temps. Car je me suis rendue compte que malgré tout cela ils perdaient une chose essentielle : leur innocence. Ce ne sont pas de jeunes enfants faibles, qui doivent apprendre de leurs parents et qui suivent un chemin tout tracé. Non. Ils doivent marcher sur leur propre chemin, faire face à toutes sortes d’embûches.

Ce manque-là est signalé par quelque chose que l’on nomme l’amour inconditionnel. Ces enfants donnent de l’amour sans attendre quoi que ce soit en retour. Ils ont besoin d’affection, de câlins, d’amour, de mots doux, de bisous, de bras forts pour les consoler lorsqu’ils pleurent et de beaux sourires pour les encourager lorsqu’ils réussissent. Malheureusement tout cela ils ne l’ont pas. Alors à chaque personne qui vient ici, dans cet orphelinat, ils se donnent et se livrent.

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Voyager seule 

Sur les deux mois que j’ai passés là-bas j’ai vécu deux phases différentes. Lorsque je suis arrivée il y a eu une période d’adaptation durant laquelle je ne me sentais pas très bien. J’étais seule, définitivement seule. Des enfants qui font des câlins, c’est bien. Mais en tant que personne, en tant qu’être humain et adulte, on a besoin de parler, de rencontrer des gens, de s’exprimer. Il y avait bien Minh, vous savez cet encadrant qui pouvait assez bien communiquer anglais. Mais ce n’était pas assez. Je me sentais un peu prisonnière, un peu « obligée« . Comme je l’ai dit la confiance que m’ont accordée les enfants n’est pas venue de suite et je le sentais. Cela a pris du temps, petit à petit.

Les choses ont commencé à changer lorsque j’ai décidé de bouger et de rencontrer du monde. Pour cela je me suis mis sur le groupe Facebook ‘French in Saigon‘ où j’ai pu rencontrer quelques français afin de célébrer le nouvel an. Ensuite, tout bêtement, je me suis mise sur Tinder. Si vous ne connaissez pas Tinder et bien c’est une application de rencontre ; vous voyez des profils de gens, vous zappez ou vous confirmez si la personne vous plaît. Si la personne a également confirmé que vous lui plaisez vous avez un « match » et vous pouvez ainsi commencer à discuter.

Grâce à cette application j’ai ainsi pu rencontrer un Vietnamien adorable, à peine plus jeune que moi. Il n’y avait pas d’ambiguïté dans notre relation (en gros, ce n’était pas une histoire de fesses ou quelqu’un en manque d’amour). J’estime que grâce à cette rencontre j’ai vraiment pu apprécier des sorties avec des locaux, manger des les street food à n’importe quelle heure, me promener… Mais le plus important est que j’ai pu vivre la fête du Têt au Viêt Nam.

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Le nouvel an lunaire

Le Têt est une importante fête au Viêt Nam. De ce que j’ai compris les Vietnamiens n’ont pas beaucoup de vacances mais s’ils doivent en avoir ce sera principalement à cette époque, c’est à dire fin janvier et ce durant 1 ou 2 semaines. Par exemple les enfants n’ont pas de vacances durant la période de Noël à part 1 ou 2 jours fériés mais par contre ils ont environ 2 semaines de congés pour le Têt. C’est l’équivalent du Nouvel An Lunaire. C’est une fête familiale durant laquelle les citadins retournent dans leur « home town », dans les campagnes, afin de se réunir en famille.

Avec ce fameux ami rencontré sur Tinder j’ai pu confectionner avec sa famille des Banh Chung, un gâteau de riz du nouvel an. Cela a mis presque 10 heures à cuire sur une marmite au-dessus du feu ! L’expérience a vraiment été géniale. J’ai aussi eu la chance d’être invitée durant les trois jours de célébration du nouvel an afin de participer aux repas et réunions de famille. J’ai beaucoup aimé l’ambiance similaire au Noël en France mais beaucoup plus forte car les Vietnamiens ne se retrouvent pas tout le temps. C’est donc un moment très important pour eux.

Attention au grand méchant loup

Je m’éloigne un peu à présent du sujet du bénévolat pour vous raconter une petite anecdote. C’est surtout un avertissement, en fait.

Partir de cette façon, seule, amène à faire inévitablement des rencontres. En outre j’ai rencontré un garçon de cet orphelinat âgé de 24 ans. Nous étions assez proches, plutôt bons amis. J’ai assisté à plusieurs congrégations dans la région de Dong Nai et c’était souvent lui qui m’amenait là-bas. Un jour celui-ci m’a proposé de visiter sa ville natale et entre autre d’aller sur l’Île aux Singes. Je vous en avais parlé dans un précédent article ICI.

Etant donc plutôt pauvre j’ai trouvé naturel de lui payer les déplacements (50 centimes le bus, 1€ le repas… Bref, pas grand chose en fait). Il était ainsi convenu que nous dormions à l’hôtel ensemble pour ensuite rejoindre sa famille le lendemain. Bon, vous voyez où je veux en venir là ? Je me suis faite réveillée en plein milieu de la nuit par un garçon complètement nu devant moi qui a tenté ce qu’il a pu.

Ce que je veux dire ici c’est qu’il est important de connaître les coutumes d’un pays avant d’y voyager. Après avoir parlé de cet incident avec un ami Vietnamien, celui-ci m’a expliqué que lorsqu’un homme et une femme au Vietnam vont à l’hôtel, ce n’est pas que pour dormir. Appelez-moi naïve si vous le souhaitez, car c’est sûrement vrai, mais je n’aurais jamais imaginé une telle chose. Je suis restée dans un état d’esprit purement français, avec lequel il m’est arrivé d’aller camper avec des amis, de dormir avec d’autres amis hommes sans qu’il ne se passe la moindre chose. Parce qu’avant tout, on est amis. Je ne ressors pas traumatisée d’une telle expérience mais j’en ai beaucoup appris, au contraire. Cela aurait pu mal terminer mais j’essaie de relativiser et de me dire que j’ai eu beaucoup de chance.

Les châtiments corporels

Puisque l’on aborde la partie « négative » de mon séjour autant vous parler maintenant des châtiments corporels. Dis comme ça, je trouve que ça sonne un peu barbare. Mais ce que j’ai vu là-bas m’a laissée véritablement sous le choc. Bref.

Un dimanche après un repas festif les enfants sont appelés et se mettent en rang, comme d’habitude. La plupart montent se coucher et certains, un peu moins d’une dizaine, sont appelés à part. Ils sont alignés un peu plus loin et là je reconnais tous mes petits étudiants, ceux à qui j’enseigne l’anglais. On leur beugle dessus, on crie des choses que je ne comprends pas. Et puis là tout d’un coup l’un des ‘encadrants’ attrape un long bâton en plastique et commence à leur infliger des coups derrière les mollets.

Wow. Sur le moment gros choc, je ne sais pas quoi faire, je suis assez sensible à ce genre de scènes et les larmes me montent aux yeux. C’était le moment où je devais partir et je décide d’y aller et de ne pas en regarder d’avantage. Je pense que j’ai du rester là-bas 10 secondes avant de tourner les talons et de m’en aller.

Au passage j’attrape un des jeunes qui m’explique qu’ils se font punir car ils auraient bu de la bière. Je rentre chez moi un peu vidée mais surtout sous le choc.

L’INCOMPRÉHENSION

Lorsque je reviens le lendemain c’est le drame, je vois les marques sur leurs jambes et c’est absolument affreux. Ils ont carrément été fouettés jusqu’à ce que de multiples marques blanches apparaissent sur leur peau ! Je m’en suis beaucoup voulu après cela et encore aujourd’hui je me suis dit que j’aurais du intervenir. La question d’autorité est assez compliquée à gérer ici et les enfants respectent ou même craignent les encadrants de l’orphelinat. Exemple : au dessert on découpe et distribue de belles parts de gâteau. La mienne est trop grosse, je la propose à un enfant. Celui-ci semble content et satisfait, mais plutôt stressé.

Que va-t-il faire ? Demander s’il a le droit de manger la part ! Alors que je la lui avais moi-même donnée. Donc pour de petites raisons comme celles-ci je me suis dit que peut-être, même en étant intervenue, les enfants se seraient laissés punir. Il n’empêche que cette expérience m’a un peu traumatisée et que je regrette de n’avoir pas agi. Après coup j’en ai parlé au fondateur de l’orphelinat qui m’a assuré que l’encadrant qui avait fait cela était profondément désolé, qu’il était venu le trouver en pleurant, qu’il était parfois poussé à bout… Pour tout vous dire je n’y ai pas vraiment cru.

Bilan

Mon long récit se termine à présent ici ! Je vous présente donc un petit résumé avec les points positifs et négatifs de ce bénévolat au Viêt Nam. 🙂

Vietnam Enfants

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 Les points positifs

+ Première expérience d’un voyage ‘long-séjour’ seule : pour une personne comme moi qui est plutôt réservée aux premiers abords c’est un bon exercice pour s’entraîner à aller vers les autres.

+ La pratique quotidienne de l’anglais : c’est un véritable plaisir de pouvoir comprendre et parler sans problème la langue de Shakespeare ! Cela m’a permis de faire des rencontres incroyables mais également de pouvoir apprécier quelques petits moments rien que pour moi ! Une séance au cinéma par exemple.

+ Découverte d’une toute autre culture : on apprend de nouvelles coutumes, une façon de voir la vie bien différente. Cela fait réfléchir à la vie quotidienne que l’on mène en France et cela fait relativiser.

+ Vivre des expériences incroyables : ayant choisi de partir durant les fêtes de noël je n’aurais pas pu rêver mieux. Un Noël à l’orphelinat de Son Ky quelque chose d’incroyable ! Suivi assez rapidement par la fête du Têt. Un vrai régal. 🙂

Les points négatifs

+ La solitude : je l’ai pas mal vécue lors de mes premières semaines à l’orphelinat. Cependant j’ai su rebondir après et apprécier les rencontres que j’ai faites par la suite 🙂

+ Le choc des cultures : CF l’épisode des châtiments corporels. C’est quelque chose que je ne comprends pas et que je ne suis pas sûre de comprendre un jour.

+ La nourriture : euh comment vous expliquer que j’ai pris 5 kgs là-bas en même pas deux mois haha ? Pourtant je faisais plutôt ‘attention’, mais j’ai trouvé que c’était assez difficile d’avoir une alimentation saine.

Voilà tout le monde ! Mon article se termine ici. Il m’a demandé un très long moment d’écriture, d’édition, de retouches photos… J’y suis allée à mon rythme, tout doucement. Je ne souhaitais pas me forcer à écrire quelque chose qui ne me plaise pas au final.

Je termine donc cette première partie de mon année de césure avec une grande satisfaction. Depuis mon retour en France j’ai pris pas mal de décisions que je vous expliquerai dans un prochain article. Je vous dis donc à très bientôt, et au plaisir de vous retrouver !

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